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Voilà des articles du Blog d’actualité de la famille Calvarienne (laïcs et soeurs). Contenus, perspectives et organisation.

Vivre positivement le temps de la vieillesse : l’art de vieillir dans la grâce

De : P Bernard Ugeux (Père Blanc)

A la communauté NDC de Gramat, en la fête de l’Assomption de la Vierge Marie, le samedi 15 août, un cadeau nous a été offert à travers la présence du P Bernard Ugeux et de nos amis laïcs calvariens, Dominique et Christine Isopet. Il nous a été proposé de vivre ce jour de fête avec l’Eucharistie à 11h, ensuite, le partage du repas convivial en communauté et à 15h, une conférence :

Comment vivre positivement le temps de la vieillesse :

 l’art de vieillir dans la grâce –  par Bernard Ugeux

Nous étions heureuses de pouvoir accueillir et vivre ce moment très riche, à l’écoute de l’expérience de vie du P Bernard et au sujet de comment vivre « joyeusement » l’aboutissement d’une vie, qui reste toujours une VIE, précieuse aux yeux de Dieu… à la suite des extraits de la conférence:

Préambule : cet exposé s’inspire des sessions sur l’art de vieillir dans la grâce que j’ai données annuellement durant de nombreuses années à Rome pour mes confrères et consœurs âgés. Il s’enrichit également de ma propre expérience, alors que je viens de fêter mes 80 ans de naissance et 50 ans d’ordination sacerdotale.

Je me réfère aussi à votre spiritualité : La spiritualité du Calvaire est créatrice d’une famille de disciples, et tout spécialement féminins, dans les calvaires du monde : tendresse, compassion, soin, éveil spirituel, accompagnement.

Cette famille se construit dans une dimension de prière, de communion qui se manifeste par l’acceptation des différences, la joie de la convivialité, la valorisation mutuelle. Elle vit la dépossession comme un don.

Au cœur d’une spiritualité du calvaire, il y a la vulnérabilité du monde, nos propres fragilités, car nous sommes tous des êtres blessés qui avons besoin de guérison, que nous le reconnaissions ou non. Il y a aussi la miséricorde qui s’exprime en termes de compassion que nous avons à vivre pour nous-mêmes et les uns vis-à-vis des autres. Vivre le calvaire, c’est donner sa vie pour ceux qu’on aime, au jour le jour.

Vieillir positivement, un chemin de vie

On présente souvent la vieillesse comme la fin de la vie, l’annonce du grand départ. Mais en réalité, pour ceux qui regardent cette période avec un œil positif, et qui la vivent un certain degré d’intériorité, il ne s’agit pas d’une fin mais d’une étape supplémentaire dans notre vie. Nous avons tous parcouru ces étapes du cycle de la vie que traverse tout être humain : la conception, la gestation, la naissance, l’enfance, l’adolescence, la jeunesse, la vie adulte, le milieu de la vie, et le début du vieillissement. Ce sont toutes des étapes de vie que nous pouvons traverser comme un chemin de croissance, avec les défis de la vie quotidienne propres à chaque étape. (…)

Ne pas se recroqueviller sur soi-même, apprendre à goûter le présent

Si effectivement le vieillissement peut s’exprimer par une diminution en quantité d’activités ou de capacités physiques, concrètement chez beaucoup de personnes âgées, la vie gagne en qualité sur les plans de l’intériorité et de la relation, de même qu’elles vivent un autre rapport au temps. (…)

Consentir à la réalité

Je voudrais parler ici du consentement : consentir c’est beaucoup plus profond que lâcher prise. Lâcher prise c’est accepter de perdre. Consentir c’est adhérer à la réalité que nous vivons. (…)

Nous réconcilier avec notre passé

Nous sommes aussi invités à nous réconcilier avec notre passé. Une première façon c’est de regarder celui-ci avec gratitude. Nous pouvons feuilleter quelques albums de photos et regarder les grâces que nous avons reçues.  Ou bien, même si nous n’avons pas de photos, considérer les étapes de notre vie en évoquant les personnes qui ont été sources de vie pour nous, des gens que nous avons rencontrés et qui nous ont fait du bien. (…)

Je termine en vous citant un texte que j’aime bien.

Patriarche Athénagoras : Je n’ai plus peur de rien

La guerre la plus dure, c’est la guerre contre soi-même. Il faut arriver à se désarmer.

J’ai mené cette guerre pendant des années, elle a été terrible. Mais je suis désarmé.

Je n’ai plus peur de rien, car l’amour chasse la peur.

Je suis désarmé de la volonté d’avoir raison, de me justifier en disqualifiant les autres. Je ne suis plus sur mes gardes, jalousement crispé sur mes richesses.

J’accueille et je partage. Je ne tiens pas particulièrement à mes idées, à mes projets.

Si l’on m’en présente de meilleurs, ou plutôt non, pas meilleurs, mais bons, j’accepte sans regrets. J’ai renoncé au comparatif.

Ce qui est bon, vrai, réel, est toujours pour moi le meilleur.

C’est pourquoi je n’ai plus peur. Quand on n’a plus rien, on n’a plus peur.

Si l’on se désarme, si l’on se dépossède, si l’on s’ouvre au Dieu-Homme qui fait toutes choses nouvelles, alors, Lui efface le mauvais passé et nous rend un temps neuf où tout est possible.

 

Bernard Ugeux, Missionnaires d’Afrique

Fête de l’Assomption 2026

Le texte intégral de la conférence: Conférence-Vivre positivement le temps de la vieillesse_P Bernard Ugeux